Bonjour a tous,
tout va bien ! Desole d`avoir pas pu ecrire avant… mais je suis parti pour khorog immediatement apres l`atterrissage, et a khorog, le cafe internet avait une coupure de courant depuis 2 jours, alors je suis parti dans les montagnes sans pouvoir donner de nouvelles…
Je suis maintenant de nouveau a khorog, et tout va bien.
Bon c’est bien l`aventure ici quand meme !
Pour faire court, le pamir c`est bien sympa, c`est tres varie, et ca me fait penser un peu au ladakh pour la partie ouest, et a l`altiplano pour l`est (desert d`altitude, sources chaudes, plateaux arides)
On a longe la frontiere afghane pendant un bon moment c`est vraiment tres joli, et impressionnant.
Je suis parti finalement pour un autre trek que celui que j`avais prevu initialement : depart de alichur sur la m41, en passant par le lac yachilkul, puis apres…je sais pas encore !
J`ai fait les 2 premieres journees de marche super bien, un physique d`enfer, le coeur a 80-85 au repos donc pas de probleme a priori,bien bu, bien dormi, des paysages grandioses, pas un nuage… apres la 1ere journee de marche bien grosse (10 sans les pauses), j`arrive quasiment a l`extremite est du lac, en longeant la riviere, dans un paysage aride tres particulier. Le 2e jour je longerai la rive nord du lac, et ferai le bivouac en son milieu. Le 2e soir, petit mal de tete, pas grave je me dis, c`est la marche, le soleil … a 22h je me reveille, et juste pour voir, je vide mes poumons en expirant… et ce que je redoutai le plus etait la : je commencais a avoir un peu d`eau dans les poumons. Bon, comment faire pire comme situation ? En 2 grosses journees de marche je n`ai croise personne, j`ai vu une yourte qui semblait vide, c`est tout, il fait nuit, je suis tout seul dans ma tente sur la rive nord d`un lac du pamir completement inhabite… et mes poumons se remplissent doucement d`eau… Je ne comprend vraiment pas, d`autant plus que physiquement je me sens super bien, je suis parfaitement lucide… mais bon, la il faut avant tout agir.
La immediatement, sans meme avoir a y reflechir, je met dans mon petit sac le minimum d`affaires vitales, et je pars en laissant la tente et tout le reste. Cela me semblait l`unique solution : j`aurai pas ete capable de porter le gros sac longtemps sans dormir, et de l`autre cote, rester dans la tente sans bouger je ne vois pas en quoi ca pouvait ameliorer les choses, et je sais pas dans quel etat je pourrai me reveiller demain.il est 22h, me voila donc parti par cette nuit sans lune avec ma petite lumiere, pour trouver un berger (hypothetique) qui pourra me porter sur un cheval vers une voiture, pour aller vers un point plus bas (a au moins 150 km d`ici). Je cherche d`abord un peu autour de ma tente s`il n`y a pas une yourte (meme si peu probable). Je suis tout d`abord confiant, ca va marcher, et je vais m`en sortir ! Ce n`est helas pas le cas( des chiens auraient repondus a mes cris), et j`ai passe 2 heures pour rien. Je prend donc la decision (difficilement) de revenir sur mes pas du jour, vers la yourte vide que j`avais apercue juste avant l`extremite est du lac, a une petite joiurnee de marche avec le gros sac… Heureusement on marche plus vite avec un petit sac, et je marche plusieurs heures seul avec les etoiles, en essayant de pas me perdre dans la nuit, en regardant ma boussole fixee a mon poignee, ma montre, la carte…
Je suis content car mes jambes vont super bien, j`ai toutes mes capacites, je ne suis pas desequilibre… ce qui pourrait eventuellement venir plus tard. Je ferai des dizaines de voeux,1 a chaque fois que je verrai une etoile filante.
Apres 3 heures sans interuption, le sommeil commence a venir severement. Je m`accorde alors des pauses de 5 minutes en mettant l`alarme, puis repars aussitot 20 minutes. Je suis toujours confiant au fond de moi. Il y aura quelqu`un dans la yourte qui repondra a mes appels et m`aidera a passer la riviere avec son cheval…
Quand je pense arriver a peu pres a hauteur de la yourte apres 4h de marche nocturne, je cris a l`aide, plusieurs fois. Apres 30 minutes, comme seule reponse, j`entend des chiens, mais tres loin… donc soit je me suis plante, sois je suis desoriente, soit il y a une autre yourte un peu plus loin. Je suis un peu decu, ma lueur d`espoir avait ete q`immediatement le berger (dont je n`etais meme pas sur qu`il existe) aurai pu m`aider… Dans tout les cas, il y a une riviere a franchir, ce qui ne me parrait pas possible tant qu`il fait nuit. Je decide donc de rester par ici, et de m`accorder 1h de sommeil en attendant les premieres lueurs pour y voir plus clair.
Je me blotti dans les ruines d`un temple zoroatrien et je dors, epuise.
Aux premieres lueurs, reveil, je suis content, je suis effectivement juste a la hauteur de la yourte, de l`autre cote de la riviere. Je m`en approche, je cris, mais aucune reponse, meme pas les chiens lointains de la veille… en fait, sur le plateau qui surplombe la riviere, on peut apercevoir une construction, les chiens doivent etre de la ! Je doit aller la-bas.
Je cherche un point pour franchir la riviere, mais elle depasse partout ma hauteur de poitrine… il doit y avoir un gue quelque part, mais je n`ai pas trop le temps de revenir sur mes pas, et de continuer a cherche l`endroit precis… je me lance, nu, en placant mon sac accroche sur la tete ( ! ), l`eau jusaqu` la poitrine ca reveille… ca passe, je suis content !
Vraiment creve, je dois monter sur le plateau. Je commence a etre epuise, pas specialement par le mal des montagnes, mais tout simplement par toutes ces heures sans trop de sommeil. apres une heure, j`arrive a la maison, ou des pamiris m`accueillent et me reconfortent. La je dois dire que j`etais tres emu, la fatigue aidant, et que j`arrivai pas a leur expliquer mon histoire en russe sans sangloter : soulagement de voir enfin quelqu`un, de m`etre battu toute cette nuit pour justement ceci, voir des gens qui pourraient m`aider…
J`ai maintenant un gros mal de tete, et mes poumons sont encore un peu plus rempli d`eau, mais disons que ca ne `ronfle` pas encore, il y a encore une petite marge.
Bon, je suis pas encore sorti d`affaire pour autant. On va a cheval a Bulunkul, le village le plus proche (2h). Je dors sur le cheval. A Bulunkul, petit barraquement isole toujours a la meme altitude, il n`y a pas de voiture en etat de marche… mais il decide de reparer rapidement une vieille moto, dont les pieces du moteur etaient sur le sol. Apres quelques thes speciaux pour les malades, je me sens deja mieux. 1h apres seulement, la moto tourne a peu pres, et nous sommes partis sur les pistes du pamir. Apres 20 km, nous tombons sur la M41, la pamir highway, mon salut ! Mon conducteur de moto attend avec moi la premiere voiture qui passe. Apres quelques minutes seulement ( quelle chance !), un van allant en direction de khorog s`arrete et veut bien me prendre. Hourra ! C`est un groupe de biologistes polonais faisant des recherches sur la faune et flore du tadjikistan. 5h plus tard on sera a khorog(1500m) et je me sentirai immediatement beaucoup mieux !
Bon, je m`accorde quelques jours de repos, et je repartirai ensuite recuperer ma tente avec le berger et son cheval.